Publié : 30 mars 2006
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Une jeune institutrice à Avremesnil

Une jeune institutrice à Avremesnil

"Je suis née au Havre et j’ai fait mes études au Havre,et ensuite à Rouen pour être institutrice et en 1940 , c’est à dire déjà pendant la guerre,j’ai été nommée institutrice au Havre, mais je n’ai jamais pu occuper la classe où je devais faire mon travail parce que la classe était occupée par l’armée allemande donc je suis restée chez moi pendant deux mois en attendant qu’on me désigne un autre poste et je suis allée , sur l’ordre de l’académie de Rouen, à Avremesnil, qui est au village, a quinze kilomètres d’ici à peu près, où j’habite encore d’ailleurs et c’est dans ce village que je suis arrivée le 1er novembre 1940.

J’avais alors 19 ans et j’ai pris possession d’une classe de petites filles et en même temps il a fallu que je m’habitue à vivre seule parce que jusque là, j’étais dans ma famille. On m’a donc donné un petit appartement assez indépendant et c’est à partir de cette possibilité que j’ai commencé à penser que je pouvais faire quelque chose contre l’occupation.

Il faut que je vous dise que ma famille était du nord, enfin, mon père, des environs d’Arras. Le frère de ma mère était marié à une jeune femme qui avait elle aussi connu l’occupation pendant la guerre de 1914-1918, c’est à dire qu’elle était de Valenciennes et qu’elle avait déjà subi 5 ans d’occupation. Or, quand nous avions une réunion de famille bien entendu on parlait de cette période, étant donné que ce n’était pas si loin puisque la première guerre mondiale s’était terminée en 1919, et que moi je suis née en 1921 et que par conséquent les souvenirs étaient encore très récents et c’est ainsi que les Allemands sont arrivés en 1940 pour occuper la France, tout au moins une grande partie de la France, je savais à quoi on pouvait s’attendre et c’est une des motivations qui a fait que quand une personne, une de mes camarades d’école, m’a fait savoir qu’elle était en rapport avec des résistants, elle m’a demandé si je voulais aussi entrer, "faire quelque chose" elle m’a dit.