Published 17 March 2006
Format PDF Save this article in PDF

compte rendu du temoignage de cyril roberts

Cyril ROBERTS, avant de nous livrer son témoignage,tient à nous prevenir: il n’évoquera pas les batailles qui ont eu lieu durant la seconde guerre mondiale.

Ce monsieur à l’air sympathique est le grand pere d’une des anglaises participant a l’echange.

Il est né a Shieffield en 1929. Il coule des jours heureux en compagnie de ses parents et de ses trois frères jusqu’au 3 septembre 1939, jour de la déclaration de guerre de la Grande Bretagne à l Allemagne. Cyril a dix ans: il ressent un immense choc d’autant plus qu’au moment de son évacuation, sa mère refusa qu’il s’embarque pour le Canada: en effet, il apprit quelques jours avant son depart que le bateau qui transportait son cousin avait fait naufrage. Sa mère pensa alors : "plutôt mourir a Sheffield que de disparaître en mer" c’est pourquoi il resta dans sa ville natale. D’ailleurs, à ce propos,il nous souligne avec un brin de fierte qu’a part les deux ans effectués en Allemagne pour accomplir son service militaire,il n’a jamais quitte Sheffield.
Puis après, Cyril Roberts arbore un air qui trahit son émotion et nous laisse à penser que ces six années noires rejaillissent à la surface. il a dix ans en 1939 et ne comprend pas du tout ce qui lui arrive:pour tenter d’y voir plus clair,il écoute ses parents et prend conscience que quelque chose de grave est en train de se produire. Mais pouvons nous imaginer les angoisses d’un petit garcon de dix ans, qui n’avait qu’un souhait, pouvoir grandir sereinement?

Replongeons nous dans le contexte historique de l’époque: Les Britanniques pensaient que la guerre allait se dérouler sur un autre front, comme en 1914. D’autres s’imaginaient que les alliés, tellement grisés par leur victoire en 1918, triompheraient des Allemands.

La réalité etait toute autre : avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir,les germaniques s’etaient preparés à une nouvelle guerre et possédaient des tanks. pour ainsi dire, ils s’etaient solidement équipés. en revanche, les alliés avaient -selon l’expression- "une guerre de retard" et pensaient encore "tranchées" quand les Allemands évoquaient la luttwaffe et leur armée de terre, la Wermacht. Mais revenons à Cyril Roberts. A dix ans, il se voit équipé d’un masque à gaz qu’il doit porter en permanence, même pour aller en classe, à cause de la menace des bombardements aériens les "Blitz". Notre témoin nous confie à ce propos qu’il se souvient que son masque frôlait ses cahiers d’écolier... Que fait un masque a gaz dans un sac à dos d’ecolier?
En fait, de nombreux masques à gaz avaient été conçus, même pour les bébés! c’est dire si les allies redoutaient l’attaque aérienne des allemands...

De plus, la "répétition générale" de la seconde guerre mondiale avait été effectuée par Hitler lors de l’attaque aérienne de la ville de Guernica, durant la guerre civile espagnole.On connaît le nombre de morts...Les Allemands ont obtenu ainsi la preuve qu’ils maîtrisaient parfaitement l’air. Ainsi, nous comprenons mieux les angoisses de la population qui paniquait et préfèrait fuir pour essayer de retrouver un minimum de paix. Mais l’exode provoqua l’effet inverse... Le gouvernement britannique a fourni des abris, appelés "ANDERSON" afin que la population puisse se protéger en cas de bombardement. Cependant, le nombre de bombes larguées sur la ville etait très aléatoire et pouvait varier de 2 A 3000 bombes au même endroit.

D’apres mr Roberts, ce que redoutait le plus la population, c’était les bombes à gaz, d’où cet important équipement. Notre témoin ajoute que quelques 318 000 000 masques à gaz furent distribués, de toutes tailles, L,M,S.
En fait, les Allemands posaient des mines par parachutes sur la mer, pour repousser la flotte Anglaise lors des batailles et pour la faire disparaître totalement.
Autre épreuve subite par cet enfant durant la guerre: LA FAMINE. Tout était caution au rationnement comme par exemple, l’eau, le beurre, le fromage, le the, la marmelade... Les britanniques appelaient cela le "rationning food".
Le manque de nourriture était une veritable menace qui pesait sur la Grande Bretagne car la majorité des produits vendus sur l’île etait importée. En fait les Allemands voulaient affamer les britanniques pour qu’ils capitulent comme l’avait fait la France. Aussi, les vêtements etait distribués au compte goutte et une personne ne pouvait pas posséder plus de 4 sweat-shirt...
Pour essayer de faire face à l’ennemi, l’Etat et surtout le premier ministre Winston Churchill incitèrent les gens à travailler dans d’importantes usines, comme celle située à Sheffield, pour contribuer à "l’effort de guerre" en fabriquant des munitions, des bombes et autres outils utiles aux alliés. Ceci implique que la population reste sur place, en ne prenant pas peur pour finalement s’expatrier, mais au contraire, qu’elle reste soudée et unie pour repousser l’ennemi en faissant face à la situation. Le roi montra l’exemple en voulant rester à Buckingham Palace. De même,la reine a eu cette réplique gravée toujours dans la mémoire des Anglais:"je suis presque heureuse que les Allemands ait bombardé la ville, maintenant je peux regarder les gens de l’East End" tout était mis en place pour que la population parvienne à repousser l’ennemi, même si, et cela, cyril roberts ne nous le cache pas, la majorité des britanniques fut très tres choquée par la guerre et aspirait à une paix rapide avec l’Allemagne,mais une paix en étant vainqueurs. voila pourquoi la Grande Bretagne resista. Il reprend espoir lors de l’arrivée d’une nouvelle aide très précieuse, celle des Etats Unis dans le conflit.

Après le débarquement allié en Normandie, les britanniques sont plus soudés que jamais et au debut de l’annee 1945, beaucoup de gens attendent que l’allemagne capitule et que la guerre cesse enfin. Enfin, le 8 MAI,la cloche de la cathédrale sonna et annonça la capitulation de l’Allemagne nazie, ce qui signifiait que la guerre etait finie sur le front de l’ouest. CYRIL ROBERTS, ému nous confie qu’après avoir entonné l’hythme national anglo-saxon, "god saves the king"(à l’époque) il s’est mis à chanter la Marseillaise et a explosé de joie de pouvoir enfin se dire qu’il était libre et qu’il allait enfin pouvoir aspirer à une vie meilleure, comme pour défier ceux qui avaient interdit à des millions de gens d’avoir un avenir...

Cyril Roberts quitta l’école en 1943. Après la guerre il devint pompier puis boucher jusqu’à sa retraite. Il a aujourd’hui 77 ans et coule des jours paisibles à Sheffield en compagnie de sa famille. Il est fier d’être encore en vie pour essayer de nous transmettre ses sentiments lors de la seconde guerre mondiale.
Quelle belle lecon de dignité, mr roberts...