Publié : 4 juillet 2005
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Les conditions dans les camps 2

Autrement dit, le camp de concentration c’était la déshumanisation complète. Je m’explique : nous n’avions de serviettes, pas de savon, nous n’avions pas de chaussettes, nous n’avions pas de brosses à dentes, nous n’avions pas bien sûr de forchettes parce qu’on ne mangeait rien avec une forchette. Toute notre richesse était une cuillère que nous avions acheté parce qu’elles venaient des personnes qui avaient été arrêtées, qui avaient été gazées. Donc en descendant, (...) [ceux] qui étaient venus avec quelquechose (...) tout ça a été ramassé. Donc, pratiquement, nous n’avions rien. Et ce que nous avions sur pied, pour certains c’était des chaussures, c’était des galloches, des semelles en bois avec les tiges de poile ou des vieilles chaussures ; des chaussures récupérées des personnes qui ont été prises et qui ont été gazées.

Autrement dit, nous étions normalement des bêtes, et ces bêtes qui ne pouvaient pas se laver, qui n’avaient pas de quoi à se laver. Pour les femmes c’était terrible, c’était pire que les hommes. Moi, je ... écoutez, j’en ai souffert. J’ai souffert mais moi quand je voyais, je savais j’ai été arrêté parce que j’étais (...) un peu comme une militaire, ou comme un soldat. Bon, je devais crèver, je m’en doutait, c’était possible, j’avais pris ce risque. Mais quand je vois des femmes, les pauvres, elles pouvaient pas se laver. Il y avait aucune hygène corporelle qui était possible, et lorsqu’il fallait de temps en temps le sorte de truc qu’ils (...)[faisaient] en Pologne en hiver ; c’était de prendre de la neige en hiver pour se laver. Ça c’était des choses terribles. Et l’eau, même on ne pouvait pas boire parce que l’eau à Auchwitz et à Birkenau elle est pas propre, elle est impropre à la consommation. C’est de l’eau qui vous donne de la diarrhoea and dysentery. Aurement dit nous avions des conditions de vie qui normalement n’étaient pas des conditions de vie, étaient des conditions de mort.