Publié : 4 juillet 2005
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Les conditions dans les camps 1

Ce que je voudrais dire surtout sur les camps de concentration. Je voudrais rappeler ou expliquer deux petites choses. Les camps de concentration c’était un lieu de déshumanisation. Lorsque une jeune fille, lorsqu’un homme arrive, la première des choses qu’on faisiat on enlevait ses cheveux (...). Je prends des jeunes femmes parce que la plupart étaient des filles ici. C’était terrible ; on coupait les cheveux des femmes, des jeunes femmes. On les razait entièrement et on les mettait toute nue devant les hommes. Les hommes étaient des soldats et le SS. Donc elles étaient razées ; le pupice, le derrière partout entièrement razé. C’était horrible. Ensuite toutes les personnes d’Auchwitz, homme et femme, sont tatouées sur le bras. On nous a mis un numéro, et on a été marqué comme de bêtes. Moi je peux pas vous faire voir mon numéro tatoué, je l’ai enlevé. Alors je vais vous faire voir ce qui en reste, mais mon camarade, il l’a. Moi, j’ai enlevé mon numéro ; je l’ai brulé. Je l’ai fait brulé parce que je n’ai pas voulu ... c’est à dire que moi je suis marqué, je ne suis pas une bête. Je suis rentré, je l’ai enlevé. Mais la plupart de mes camarades l’ont gardé.

Ensuite. Lorsque on a commencé je vais expliquer comment la déshumanisation ... toute était déshumanisé. La première fois qu’on nous a donné une gamelle de soupe, on nous a pas donné de cuillère. Et après, on avait de la soupe, et comme les bêtes : comme les chats ou comme les chiens, il fallait qu’on prenne la soupe lalalala comme ça, comme on pouvait pour lapper la soupe et on avait une gamelle pour six personnes. Ça c’était la methode allemande. Et ensuite, ce numéro-là, on l’avait marqué ici, et sur notre pantalon pour les hommes, et les femmes l’avait aussi sur leur veste. Et nous avions, soit des vêtement rayé, comme vous avez peut-être un peu vu, soit des vêtemnents qui étaient de femme ou d’homme qui avaient été récuperés parmi les gens qui avaient été gazés. Et derrière il y avait une croix et on marquait « KL » : Konzentrazien Lager. KL. Donc nous n’étions plus des hommes, nous n’étions plus des femmes. Pour les Allemands nous étions des « Stücks ». Ça veut dire quoi, des Stücks ? Des pièces. Et ils nous consideraient des sous-hommes. Nous - en particulier les Juifs, mais également les Tsiganes qui étaient également dans le camp de Birkenau, pour les hommes et pour les femmes - il n’y avait aucune relation humaine entre ...