Publié : 30 mai 2005
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effigie de Néron

La pièce de monnaie romaine : Sesterce de Néron en Bronze

effigie de néron

I. Biographie de l’empereur :

Néron, de son vrai nom Nero Claudius Caesar Augustus Drusus Germanicus, est né en 37. Il fut empereur romain, le cinquième et le dernier de la dynastie des Julio-Claudiens. C’était l’arrière petit-fils d’Auguste. Ses premières années en tant qu’empereur virent sa personnalité se dégager lentement de l’influence de sa mère, Agrippine, et de son ancien maître, Sénèque, et également du préfet du prétoire Burrhus. Néron avait reçu une éducation très soignée, plus littéraire que philosophique. Il composait des poèmes raffinés, aimait la musique et les arts. Un souverain, selon lui, devait en tout, être reconnu comme le meilleur. Ainsi, avec les chevaliers représentés sur le revers de la pièce, on peut penser qu’il voulait être admiré, mais également que les autres le considèrent comme supérieur, meilleur guerrier. En arrivant au pouvoir, Néron a bouleversé le régime instauré par ses ancêtres, en étant moins sévère. Ainsi, Néron a changé beaucoup de lois, comme respecter les droits du Sénat, ne pas intervenir dans le domaine judiciaire et distinguer les affranchis de l’Etat. A la suite de l’incendie de Rome, en juillet 64, le Sénat déclara Néron "ennemi public". Cédant à la panique, il s’enfuit pratiquement seul et se suicida le 9 juin 68 à l’âge de 31 ans.

Les biographes de Néron le révèle plus républicain qu’empereur.
D’abord, il ne s’est pas approprié le pouvoir judiciaire contrairement à ses ancêtres. Ensuite, il préférait respecter les droits du Sénat plutôt que d’agir seul.

Ce comportement dévoile un côté moderne, républicain à cet empereur, ce qui est paradoxal avec son effigie sur la pièce de monnaie.

En effet, la monnaie nous révèle un côté puissant, tyran, et la propagande de l’empereur.

Or les biographes dépeignent Néron comme un empereur respectant les droits des citoyens. Par contre, le souhait d’être le meilleur est traduit par la gloire des chevaliers ayant gagné une bataille.

Si Néron se révélait être un homme en avance sur son temps, pour ses idées républicaines, il fut accusé d’avoir incendié Rome, pour pouvoir persécuter les chrétiens, ce qui provoqua sa perte. Néanmoins, il faut reconnaître qu’il fut injustement accusé, sans preuves.

Néron voulait être reconnu comme étant « le meilleur ».
En effet, une certaine noblesse dans l’expression avec un léger sourire nous montre la suffisance du personnage.
Enfin, son épais cou et son visage enrobé sur la pièce de monnaie dévoile un certain penchant pour les plaisirs culinaires.

II. Analyse et commentaire de l’avers de la pièce :

Tout d’abord, trois titres de la légende font de lui dans l’Empire le chef de l’armée (imperator), le chef religieux (PM c’est-à-dire Pontifex Maximus) et le chef de l’Etat (Tribunicia Potestate ou en abrégé TR P et le titre honorifique de "pater patriae" PP)

Ensuite, Néron a été vainqueur des Germains, c’est une manière pour l’empereur de rappeler qu’il est le plus fort, plus grand, qu’il est avant tout un militaire de carrière, qu’il s’est battu pour la gloire.

Cette effigie relève avant tout de la propagande personnelle. C’est une manière de rappeler sa gloire et son pouvoir au sein de la société, c’est un titre honorifique que l’empereur s’attribue.

A partir de 66 après JC, deux ateliers impériaux spécialisés en pièce de monnaie, ont été créés à Rome et à Lyon. Pour les différencier, l’atelier de Lyon avait une façon très particulière de frapper une pièce de monnaie : le buste est représenté de façon spéciale, et au niveau du cou, on observe une légère différence. La forme du cou est nettement plus travaillée et contient des petites anomalies avec des formes de vagues.

La monnaie romaine était frappée dans le temple de Juno Moneta, situé à Rome. La frappe de la monnaie d’argent fut introduite seulement en 269 avant JC. Une commission de trois membres fabriquaient les pièces de monnaie "Les Tresuiri Monetales". Sous l’Empire, il ne resta que la fabrication des monnaies en métaux. C’était plus souvent pour la frappe de la monnaie que les empereurs se réservaient le contrôle des pièces d’or et d’argent. Peut-être vérifiaient-ils les titres honorifiques, donnaient-ils leur avis sur leur buste , pour ne pas être ridiculisés aux yeux du peuple.
Cette pièce présente un signe particulier au niveau du cou : on peut donc penser que cette monnaie a été frappée à Lyon.

III. Analyse et commentaire du revers de la pièce :

La légende du revers représente la "securitas Augusti" c’est-à-dire la sécurité de l’Auguste. Des chevaliers sont représentés. Si la vie militaire et la défense de l’Empire étaient très importantes à l’époque, il s’agit avant tout de la propagande qui rappelle la gloire de l’empereur, prêt à défendre son peuple et son Empire. Le monnayage en bronze connut aussi des modifications importantes dans sa fabrication. Le sesterce est un alliage de laiton et de bronze qui, lorsqu’il est nettoyé, a l’aspect d’or. Ce qui suscite la richesse et l’intérêt de cette pièce, ce sont ses nombreuses exceptions : en particulier cet aspect d’or mais aussi le poids de l’histoire. En effet, la réforme monétaire de 64, -année où régnait Néron- permit de restaurer les finances de l’Etat tout en faisant supporter aux habitants leurs prix : on peut donc penser que ce sesterce en bronze a été frappé en 64 -date où Néron était adulé- et à Lyon, à cause des similitudes constatées au niveau du cou de Néron avec d’autres empereurs dont les pièces de monnaie furent conçues dans cette même ville.