Publié : 12 mai 2005
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Libération du camp de Mauthausen

« En continuant nous arrivâmes bientôt a Mauthausen. D’énormes murs de ciment l’entouraient. De l’autre cote d’un terrain boisé se trouvait la première entrée du camp. La voiture blanche s’arrêta et les occupants en sortirent. Dans cette partie le camp était entouré d’une clôture électrique de 2000 volts. Derrière cette clôture se trouvaient des centaines de gens qui devinrent fou de joie des qu’ils nous aperçurent. C’est un spectacle que je n’oublierais jamais. Ils ressemblaient à peine à des êtres humains. Certains ne devaient peser guère plus de 20 kilos. Nous arrivâmes à une grande porte dans le mur de ciment qu’un allemand ouvrit. Marchand le premier je fus accueilli par la plus grande ovation que j’ai jamais reçu. Derrière cette porte des centaines de prisonniers étaient en rang. Lorsque j’avançai au milieu d’eux ils étaient si heureux de voir un soldat américain qu’ils se mirent tous a hurler à crier et à pleurer. Pour ces gens mon arrivée signifiait la fin de toutes horreurs et tortures qu’ils subissaient. Jamais auparavant je n’avais éprouve une telle sensation, j’étais heureux que nous ayons fait l’effort de libérer le camp.

Mais a l’arrière de la cour se trouvaient des masses de corps entassés. On aurait as pu penser qu’il s’agissait d’êtres humains si l’on n’avait pas reconnu certains traits. Ils avaient été ronges par des rats et personne ne semblait s’en soucier. Ensuite on nous montra l’endroit où étaient gazes les gens puis où ils étaient brûles dans de grands fours. De ma vie je n’avais vu autant de morts gisant partout. J’ai vu des choses que je n’aurais jamais pu croire si je ne les avais pas vu de mes propres yeux. Je ne pensais pas que des êtres humains puissent traiter d’autres êtres humains de cette façon. Devant les vivants je me demandais ce qui avait pu les maintenir en vie. »

Témoignage du sergent A.J Kosiek
Libération de Mauthausen 5 mai 1945
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