Publié : 12 mai 2005
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Le procès Barbie

A partir de 1983, la situation des procès en France invoquant le crime contre l’humanité va refaire surface avec l’arrivée sur le sol français de Klauss Barbie (ancien chef des services IV et VI de la Gestapo à Lyon entre 1942 et 1944).

Arrêté par les américains à Oberurzel en 1945, Barbie est relâché et récupéré par les services secrets des Etats-Unis comme informateur. De 1948 à 1951, sa trace est perdue. La police française lui donne trois mandats d’arrêt et le tribunal militaire de Lyon le condamne à mort par contumace à deux reprises. Son nom va être évoqué à plusieurs reprises lors de l’arrestation et de la mort de Jean Moulin lors du procès Hardy (1940) et ainsi qu’à l’occasion du procès Oberg-Knuchen (1954).

En 1951, Barbie et sa famille gagnent la Bolivie avec des papiers en règle. Klaus Barbie va donc maintenant être identifié sous le nom de Klaus Altmann. En 1957, il obtient la nationalité bolivienne. A partir de ce moment, une période de tranquilité va commencer pour cet ancien nazi, qui fréquente les militaires proches du pouvoir.

En juin 1971, le procureur Rabl de Munich décide de clore le dossier Barbie pour faute de ne pas avoir de nouvelles preuves. Mais Serge et Beate Klarsfeld cherchent de nouvelles preuves pour le ré-ouvrir. Ils vont trouver un témoignage de Mr Geissmann, ancien responsable de l’Union Générale des Israélites de France pour la zone sud en 1943. Puis ils ont récupéré le double d’un témoignage (d’un télégramme) signé par Barbie faisant état de l’affaire de la colonie Juive d’Izia. Le dossier peut donc être ré-ouvert mais ils ignorent toujours où est Barbie.

En 1972, des photos de l’individu sont publiées dans la presse péruvienne et certains témoins le reconnaissent. En mai 1972, dans une déclaration à un journaliste brésilien, Barbie admet être le bourreau de Lyon". Seulement, depuis l’affaire Eichmann, il est protégé par des gardes du corps.

Le président Pompidou demande officiellement l’extradition de Barbie au président bolivien Banzer qui refuse. Certaines personnes n’acceptent pas la situation mais rien ne change et Barbie qui se sent protégé parle ouvertement aux journalistes.

En 1982, un soulèvement populaire met fin à la dictature militaire en Bolivie. La France et l’Allemagne de l’ouest demandent à nouveau l’extradition de Barbie. Mais le pouvoir ne change pas donc l’extradition de Barbie n’est pas possible. Le 25 janvier 1983, Altmann est arrêté pour escroquerie et tout bascule, Barbie pourra donc être expulsé et rendu aux autorités françaises. Le mandat d’arrêt international lancé contre lui par un magistrat depuis novembre 1982 pour crime contre l’humanité va donc être ré-ouvert.

Le 5 février 1983, Barbie attérit à l’aéroport de Cayenne à 5heures 45 du matin. A 22heures 30, il pénètre dans la cour de la prison Montluc à Lyon.